Marchez, ne courez pas…

Une stratégie suicidaire ? Non : son discours sur les valeurs, à l’attention des consommateurs avertis, ne l’empêche pas de croître régulièrement, trente ans après sa création. Et son succès international ne lui a pas tourné la tête. Avec plus de 3 millions de paires vendues chaque année, Camper fabrique toujours une grande partie de ses produits à Majorque, au large de Barcelone, une petite île dont la tradition agricole est menacée par le tourisme – attachée à sa préservation, l’entreprise y rachète des terres et des bâtiments anciens pour les restaurer et y installer ses sites.
Loin des études de marché et des bureaux de style, la marque puise aussi son inspiration dans son île natale, en adaptant les chaussures traditionnelles, avant tout fonctionnelles et austères, des paysans et des joueurs de pelote basque. Un style local dont Camper a fait un succès global - avec souvent une touche écologique comme sur la ligne Wabi, élaborée avec un nombre minimum d’opérations et de composants pour en faciliter la production et le recyclage.

Sous l’impulsion de Miguel, fils cadet du fondateur et âgé de 30 ans, Camper étend désormais cette approche du design, pratique et écologique, à d’autres domaines : elle a ainsi ouvert à Barcelone un premier hôtel « vert », Casa Camper, construit pour limiter son impact sur l’environnement (biomatériaux, recyclage des eaux usées, panneaux solaires pour chauffer l’eau, etc.) et qui propose aux clients des produits d’hygiène-beauté naturels dans des écorecharges, un jardin potager bio sur la terrasse ou un centre de recyclage des déchets ; puis un restaurant, Camper FoodBALL, inspiré de l’art de vivre méditerranéen et qui sert de la nourriture saine, bio, locale et saisonnière, dans de la vaisselle biodégradable.
Pas à pas, Camper construit sa différence, à force de valeurs ajoutées.
article tiré de “graines de changement”










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