23
sept
2007

Réduire sa consommation en voiture (3/3)

Voici le dernier article de notre série de trois articles vous présentant quelques notions sur la voiture et son utilisation afin de réduire notre consommation de carburant. Merci à New-Toon d’Imaginascience pour ces quelques trucs ! Vous pouvez retrouver les deux premiers articles ici : “Réduire sa consommation en voiture (1/3)” et “Réduire sa consommation en voiture (2/3)“.

Accélérer à fond plutôt que mollement

JoeBart.jpg Dans la majorité des conseils délivrés sur le sujet de la consommation en voiture, il est recommandé de SURTOUT ne pas « jouer les sportifs ». Certes, accélérer comme un malade pour piler ensuite est débile et consomme.

Ensuite, j’avais lu un article sur le web qui disait que les gens ont des mauvaises notions sur la manière dont un moteur fonctionne et donc sur les habitudes de conduite. Après la compilation de nombreuses recherches, il est temps de faire voler un mythe en éclats.
Prenons, si vous le voulez bien, l’exemple suivant : vous êtes à l’arrêt en ville (avec moteur « chaud ») et vous souhaitez atteindre 50 km/h (par ex et la voie est bien dégagée).

Que faire ? Accélérer très doucement ou jouer les Prosts ?


Réponse
: le mieux est vraiment d’accélérer « pied au plancher » (attention à ne pas déraper en première quand même) et de jouer normalement (pas trop monter dans les tours quand même) du levier de vitesse ensuite (voir « le bon rapport de vitesse » précédent). Il est probable que cet argument va vous choquer car cela va à l’encontre d’une idée reçue mais il y a une raison technique à cela. On inspire et on y va !

EXPLICATIONS TECHNIQUES : un moteur thermique à piston (quel qu’il soit) fonctionne avec un rendement maximal pour un taux de compression maximal. C’est une conséquence directe des lois de la thermodynamique.

Pour une voiture, ce taux de compression maximal est défini mécaniquement lorsqu’on accélère à fond, tout simplement, et ce quel que soit le rapport de vitesse utilisé. Les ingénieurs ont cependant une limite technique à cette compression : si on compresse davantage qu’une certaine valeur dans le cylindre, le moteur s’ « emballe » (phénomène dit de « cliquetis »). Ils ont donc dimensionné la chambre de compression pour que lorsqu’on appuie à fond sur la pédale, le moteur reste juste un poil en dessous de cette limite désastreuse : on passe du maximal à l’ « optimal ».

Conclusion : lorsque le feu passe au vert, arrêtez d’agir comme des grands-mère et accélérez à fond (à la limite de la perte d’adhérence des pneus) et passer les bons rapports de vitesse. Cela fera du bien au moteur (désencrassage) et en plus plaisir aux automobilistes derrière vous …

ATTENTION : ne confondez pas vitesse et accélération ! ! Pas de conclusion hâtive ni de contre-sens ! Relisez bien ce que j’affirme. Comme vous allez accélérer à fond, il faut notamment n’écraser personne dans votre enthousiasme… Restez concentré : la conduite est une activité à haut risque. On a tous connu des gens morts sur la route autour de nous.

COMPLEMENTS (cherchons la petite bête)


Débrayer ?

Dans une ville, il y a souvent des descentes. J’ai des réflexes et SURTOUT je reste très vigilant lorsque je pratique ce qui suit : je profite des descentes et laisse la gravité accélérer ma voiture. Cette pratique a l’air dangereuse mais en réalité, j’ai le pied droit déjà sur le frein et l’autre prêt à rembrayer. Je trouve donc cela même moins dangereux que la situation classique car je me trouve en mode « prêt à freiner ». Je ne dépasse pas la vitesse réglementaire (je freine un peu). On fait souvent les même trajets et on finit par bien connaître les paramètres.Cette technique vaut aussi pour les plats : quand j’ai accéléré et que je vois un feu rouge plusieurs centaines de mètres plus loin : je débraye et on laisse glisser. Je pratique depuis 100 000 km et mon embrayage est encore nickel.

Cette pratique relève simplement de la préservation de l’énergie cinétique acquise. On fait certes l’impasse sur le frein moteur mais en ville, si les pentes sont douces, ce dernier n’est pas , à mon sens, pertinent.

Note : j’ai récemment découvert que cette pratique est nommée le « pulse and glide » (accélérer et glisser) et est surtout pratiquée par les amateurs d’ « Hypermiling » (surtout des possesseurs de Toyota hybrides Prius). Cela se combine avec le paragraphe précédent sur la viabilité d’accélérer aussi fortement que possible pour atteindre une vitesse donnée.
Le « pulse and glide » fonctionne donc a priori (jamais testé) aussi sur autoroute même si c’est souvent impraticable avec des passagers (ils vont vous lyncher !) et gênant pour ceux de derrière. Cependant, si vous vous donnez une vitesse de 100 km/h, il est très probable qu’accélérer à fond jusqu’à 100, « glisser » (débrayage) en redescendant jusqu’à 80 et ré-accélérer jusqu’à 100 (ainsi de suite) soit plus efficace que rouler à vitesse constante qui correspondrait à la vitesse moyenne atteinte sur le parcours (soit autour de 90).

Attention : ne pas mettre au point mort et encore moins éteindre le moteur !

Et l’aspiration ?

Question : Est-ce qu’il est viable de chercher à se faire aspirer par un camion?

Après de longues recherches sur le net, je suis arrivé à la conclusion que la « pompe camion » est efficace MAIS à condition de prendre d’énormes risques pour la sécurité : il faut « coller » à mort.

Une vidéo montre que cela marche pour un vélo derrière (mais vraiment derrière) un camion :

Image de prévisualisation YouTube

Je ne conseille pas évidemment de faire aussi près avec une voiture sur route …

Comme notre voiture ne sera pas assez près (plus de 10 m), on perd l’avantage en raison des maousses turbulences générées par le camion ou le bus. C’est tant pis mais il faut s’y résoudre.

Voir cette page du dossier d’Imaginascience.

Pourquoi la voiture ? Rouler à chaud !

Je me souviens d’un film très spécial et d’humour assez fin que j’ai vu étant jeune : « Les dieux sont tombés sur la tête ».

Image de prévisualisation YouTube

5 minutes (5′40 à 5′55) après le début du film qui décrit les Bushmen, on voit une personne « civilisée » prendre sa voiture pour poster une lettre dans la boîte à 70 mètres de sa maison.

On le dit tout le temps mais assez peu l’appliquent. Pourquoi aller quelque part en voiture quand il y a le bus, métro ou que c’est pas trop long à vélo (et qu’il ne pleut pas ou peu) ? Vous économisez pour vous et pour la planète, détruisez moins les écosystèmes (même si on ne le réalise pas car ces écosystèmes dévastés sont loin de chez nous) ; sans oublier que nous sommes forcément responsables de nombreux morts sans le vouloir, par les conséquences de notre simple demande en pétrole. Un petit article pour vous en convaincre.

Par ailleurs, il m’arrive souvent de pouvoir regrouper mes déplacements : je rebondis d’un point à un autre. Je calcule autant que possible les trajectoires et essaie de rouler quand il n’y a personne sur la route (j’ai des horaires libres; c’est facile à dire pour moi :) ). Par exemple, si je dois dans une même journée poster des colis, aller chercher ma fille et faire des courses je regroupe les deux en un seul déplacement.

Il est connu en effet que rouler à froid consomme bien plus (on dit souvent deux fois). Quand ma femme me demande de lui faire une course, je lui répond souvent. « C’est possible d’y aller à telle heure ? Je dois me déplacer de toute manière : le moteur de la voiture sera chaud ».

Conclusion : Voilà quelques trucs (ce n’est pas exhaustif) d’une personne qui s’est intéressé au sujet. Vous aurez sûrement des critiques et des compléments d’informations pour faire avancer la cause.

The end….

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  • 14 Réponses à “ Réduire sa consommation en voiture (3/3) ”

    Flux RSS des commentaires de cet article
    1. “Par exemple, si je dois dans une même journée poster des colis, aller chercher ma fille et faire des courses je regroupe les deux en un seul déplacement.”

      => Tu as donc oublié une étape :) J’espère que ce n’était pas aller chercher ta fille :p

    2. Le meilleur moyen de réduire sa consomation c’est d’utiliser une voiture à pédale.

    3. Je suis pas vraiment d’accord avec le fait d’appuyer sur l’embrayage pour faire des économies de carburant lors des descente. 
      Explication: Lors d’un levé de pied, l’injection moteur est coupé (pour éviter la pollution et la consomation) par contre si on appui sur l’embrayage, le moteur revient au ralenti et consomme puisqu’il n’est pas entrainé par une pente.

    4. Sinon les rollers c’est pas mal!

    5. Par rapport au commentaire 3, c’est ce qu’il me semble aussi. Et pour le pulse & glide, comme bien dit dans l’article, c’est vraiment casse-c* pour celui qui suit ! Lorsque j’ai le malheur de suivre un inconstant de ce genre sur autoroute, je m’empresse de le doubler et de mettre de la distance avec lui. Il économise peut-être, mais pas moi, et le bilan écologique doit devenir négatif !

    6. je suis également d’accord avec le commentaire n°3. J’en avais parlé à un ami qui s’y connait pas mal en mécanique et qui fait du rallye, il m’avait dit la même chose : cela n’apporte rien de débrayer dans les descentes , voire cela consomme plus…

      Pour ce qui est de la technique du pulse & glide, là encore je suis plutôt sceptique. J’aurais plutôt tendance à penser qu’une vitesse stable est le mieux pour consommer moins, car lors de l’accélération, la consommation est très importante.

    7. wa over-blog sen thiotou ney!!!!!!!!!!!!!!!!!! Putain de voleur ils sont, ils me doivent beaucoup et ont fermé mon blog expres sans m’avertir! sen leufeul ndeye!

    8. Il me faudrait d’avantages d’explications pour me convaincre sur le point de l’embrayage en descente.

      Je répète : on a une descente en face de soi , on arrive lentement (10 km/h) devant, on débraye (plus de frein moteur) et on laisse la voiture accélérer sans consommer. Ensuite, si la pente est un peu longue, on freine un peu ou on rembraie en 3ième (frein moteur).

      Le ralenti, c’est 1l/100 environ. Il me semble que c’est “peanuts” comparé à l’avantage de gagner 40 km/h sans accélérer et comparé à la perte d’energie cinétique due au frein moteur.
       
      Si quelqu’un voit comment acquérir de l’énergie cinétique par conversion de l’énergie potentielle autrement que par la technique du débrayage, je serais intéressé…

      Concernant le “pulse and glide”, c’est bien sûr une technique “de l’extrême” que je n’ai même pas essayé de pratiquer. Cela reste valable sur une autoroute dégagée et si on est seul ; je l’ai dit.

      Par contre, je vais à moins de 100 sur l’autoroute (à vitesse constante) et on me double quand même…

      Pas besoin d’accélération, les gars se pointent à 120-130 (donc ils consomment plus du quart du carburant rien que pour lutter contre les turbulences générées) derrière moi sur la file de droite, me repère et me double à l’avance. Pas de “bilan écologique négatif”. 

      D’ailleurs, je me place souvent pas très loin derrière des camions souvent ; ils me servent de “panneau indicateur” car personne (à part moi et quelques caravanes) n’a envie de se retrouver en file indienne derrière eux… ;)

    9. C’est bien ça, j’avais oublié l’allégeance de charge… Pour la descente, il faut savoir que les moteurs modernes coupent l’injection au rétrogradage jusqu’à ce qu’on redescende au ralenti. Et le rendement au ralenti est le plus merdique qui soit, à la limite on a intérêt à accélérer jusqu’à environ 2000tr/min pour diminuer la consommation (d’après l’Adj. Vadaine, préfo-méca, RégimentSMA Gondeau Martinique, 1996/7). Alors le glide, sur une 3DFX ok, en voiture bôf. Sinon, une voiture sans permis à 45 à l’heure est à fond, donc je répète mon argument “régularité”.

    10. Au fait, Ce moteur est réputé exempt de cette allégeance :
      http://www.quasiturbine.com

    11. Certaines idées sont intéressantes, mais j’aimerais apporter deux petits commentaires:

      - Mieux vaudrait conseiller “d’accélérer franchement”, plutôt que “accélérer à fond”. Si on est à la “limite d’adhérence des pneus”, le moteur sera forcément probablement à un régime assez élevé, l’usure des pneus sera importante et les nuisances sonores également. Il est souvent conseillé d’enfoncer les gaz aux 3/4 et de passer les rapports rapidement, si possible deux rapports d’un coup (1ere-3e-5e); en pratique, en ville, je fais plutôt 1ere-2e-4e, puis 5e si le trafic dépasse 60km/h (dépendant de la voiture, évidemment).

      - Deuxième conseil sur lequel j’aimerais revenir: débrayer dans les descente. Dans une descente où la voiture parvient à maintenir sa vitesse sans l’aide du moteur, si on engage le rapport qui ne freine quasiment pas la voiture, la gravité aidera également à faire tourner le moteur et la consommation sera de 0 l/100km! Si le conducteur débraye, le moteur devra être alimenté en carburant pour ne pas s’arrêter.

      Pour ceux qui ont la chance d’avoir une voiture récente avec ordinateur de bord, il est aisé de se rendre compte de facteurs améliorant ou réduisant la consommation.

      Pour finir en clin d’oeil: Lorsque j’étais adolescent et inconscient, il m’arrivait de me faire aspirer par les trolleybus sur certains trajets avec peu de trafic en roulant à 1m de la vitre arrière et en tentant de regarder le trafic à travers toute la longueur du bus. Les 50 km/h étaient aisément dépassé avec un vélo de ville. ;O) Je ne m’amuserais plus à ce genre de pratique aujourd’hui.

      Salutations et merci pour votre blog intéressant!

      Niels

    12. Lorsque je parlais de bilan écologique négatif, c’est dans mon exemple. Je suis généralement constant, entre 120 et 130 sur autoroute. Si le véhicule qui me précède oscille entre 120 (pulse) et 100 (glide) au lieu d’être constant, je vais donc le doubler et mettre quelques centaines de mètres entre lui et moi, soit pointe à 140 quelques secondes. Lui réduirait sa consommation (à vérifier cependant) mais moi je l’augmenterais, d’où mon bilan négatif.

      Mais quoi qu’il en soit, il apparait très vite que conduire économique est aux antipodes de “bien” conduire, c’est à dire notamment utiliser le frein moteur, bien plus sécuritaire, être toujours sur le bon rapport (sécurité et respect du moteur), suivre un camion de près est dangereux sans visibilité, perte d’attention, sans parler du bon diesel qu’on respire,  etc…

    13. J’ai encore une fois essayé auj justement de me mettre dans une descente en laissant une vitesse supérieure (sans exagérer) mais le frein moteur est trop présent quand même. On ne bénéficie que trop peu de l’accélération de la gravité. 

      C’est non probant. On a donc le choix entre consommer durant le débrayage (1l/100) ou pas mais devoir accélérer quand même.

      Je referais qq essais.

      Concernant la notion d’accélération “à fond”, cela ne veut pas dire atteindre 7000 tours ! Cela veut dire qu’on enfonce la pédale d’accélération à donf (sauf en 1ère au tout début sinon on dérape) et qu’on change le rapport au bon moment (pour ma 106, aux environs de 3500 tours /min).
      Concernant l’usure des pneus à l’accélération, ma 106 n’est pas une référence… Reste que je reste convaincu que c’est dans les virages serrés et les freinages brusques qu’on use le plus les pneus (à moins d’avoir une “sportive”) ; sûrement pas dans les phases d’accélérations (enfin, dés que la voiture est à + 10 km/h).

    14. J’ai testé aujourd’hui le Pulse and Glide sur ma C1 équipé d’un Scangauge II… C’est IMPRESSIONNANT!!!.. Sur un trajet (25kms)  que je fais depuis plusieurs mois avec le même véhicule et sur lequel je consomme environ 4.5l/100 (en faisant gaffe)  j’ai consommé … 3.9l/100… je n’y croyais pas j’ai récidivé la technique le lendemain… même résultat!!! Ma marge de P&G n’est pas de +-10km/h (trop ‘accordéon’ et invivable pour les passagers et les véhicules qui suivent) mais simplement de +-3km/h (oui je sais ça donne de l’exercice au pied droit .. on a l’impression de ‘pomper’ pour avance ;) ! et surtout en ville j’accélère franchement (accélérateur enfoncé à donfe) et j’anticipe…
      JAMAIS de point mort… arrêt du moteur au feux rouges (mais, pour ces 2 derniers points  je le fais depuis longtemps).

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