Le bilan énergétique effarant de la bibliothèque F. Mitterand
Vous connaissez sans doute ce bâtiment, ou en tous les cas, vous en avez entendu parler, il s’agit de la BNF, là ou se situe le plus gros stock de livre de notre pays (150 000 m² de surface). Inauguré en 1998, le site se présente sous la forme de 4 tours représentant des serres-livres, et d’un jardin central.
Et bien je suis tombé de très haut en apprenant son fonctionnement via un bon article : Gratte-ciel verts, une utopie concrète de Philippe Bovet sur le Monde Diplomatique… Lisez plutôt cet extrait :
“…le site François-Mitterrand de la Bibliothèque nationale de France (BNF) à Paris est l’archétype du bâtiment qui, dès sa conception, a tourné le dos à la question énergétique. Conçu par l’architecte Dominique Perrault, ce site, constitué de quatre tours en forme de serre-livres et d’un jardin central, offre 150 000 m2 de surface utile (stockage, accueil, salles de lecture, bureaux). Dans chaque tour, les sept premiers étages sont dédiés à des bureaux et les onze étages supérieurs au stockage des livres. Les salles de lecture et d’accueil du public sont semi-enterrées.
Le bon sens n’aurait-il pas dicté de faire l’inverse : mettre les livres dans les sous-sols sombres et frais, et les lecteurs en hauteur pour qu’ils profitent de la lumière naturelle ? Le résultat est accablant : le site engloutit chaque année 54 gigawattheures (GWh) d’électricité et de chaleur. En comparaison, les besoins municipaux annuels de Montpellier (bâtiments communaux, éclairage public et feux tricolores) sont de 63 GWh.
Petit inventaire à la Prévert : la Grande Bibliothèque a une climatisation qui fonctionne toute l’année [ Les livres doivent être conservés à 18 °C et avec un taux d’hygrométrie qui varie entre 55 et 65 %] ; ses fenêtres ne s’ouvrent pas ; elle compte 82 ascenseurs, et des kilomètres de rayonnages mobiles électriques afin d’acheminer les livres dans les quatre tours ; la position centrale du jardin oblige à entretenir 200 kilomètres de tuyaux et canalisations pour relier entre eux les quatre bâtiments … Même en conservant sa forme actuelle, ce site aurait pu tenter d’innover en couvrant une partie de ses surfaces extérieures de panneaux photovoltaïques, ce qui aurait offert de l’ombre aux livres et produit une partie des besoins électriques des tours, ou en se refroidissant avec l’eau de la Seine qui passe à leur pied. Aujourd’hui, la direction de la BNF tente de colmater les brèches, mais ses efforts restent vains tant le site a été mal pensé. De plus, toute innovation se doit d’être avalisée par l’auteur de l’œuvre architecturale !”
Un très beau mauvais exemple ! je ne peux que vous conseille d’aller lire l’article en entier !





























12 sept 2008 Ã 9:50
Quiconque à déjà travaillé dans une tour vitrée s’est rendu compte de l’inanité de telles constructions. Si elles permettent d’augmenter la température en hiver, les vitres rendent les pièces exposées au soleil insupportablement chaudes en été et la climatisation indispensable.
Dans certains immeubles, l’éclairage est géré de façon centralisée avec une extinction de toutes les lumières non utiles à certaines heures, mais c’est loin d’être le cas partout. Il suffit de passer sur le périphérique un dimanche soir pour constater que de nombreuses sociétés maintiennent leurs bureaux éclairés en permanence.
Il y a probablement bien plus à gagner en incitant ou en contraignant les sociétés à être plus responsables (gestion énergétique, recyclage) qu’en continuant à seriner aux particulier qu’il faut acheter des ampoules basse-conso et couper le robinet quand on se brosse les dents !
12 sept 2008 Ã 12:26
Quelques remarques sur le commentaire précédant.
Tout d’abord il est vrai que les tour vitrée ne sont absolument pas des endroits où il est possible de travailler : pour les raison qui ont été citée mais aussi car elles offrent parfois des vue qui hypnotise. J’ai l’anecdote d’une entreprise qui s’est installée près d’un aéroport, dans un immeuble entièrement vitré. Ils ont été obligé de cloisonner les fenêtre car les employés étaient obnubilé par les décollages d’avion et avait presque cessé de travailler.
Concernant l’incitation à devenir plus éco-responsable, il ne sert à rien de toujours renvoyer la balle dans l’autre camps, tout le monde doit le faire et il est stupide d’attendre que les autres le fasse pour commencer soit même.
15 sept 2008 Ã 11:21
Le même souci est apparu avec l’Université de technologie de Troyes : un magnifique bâtiment en ellipse, qui se transforme en serre dès que le soleil sort. La solution envisagée : des plantes tombantes , tout simplement. L’été le feuillage adoucit la lumière et réduit la chaleur, l’hiver il disparait pour laisser entrer tout le soleil. Mais refus de l’architecte…
28 sept 2008 Ã 18:12
Dim, On en avait parlé un jour: la BNF est un gouffre énergivore. Le nombre d’écrans, la clim, les lumière inutiles, l’espace inutilisé mais éclairé, les volumes. C’est une cata écolo…le nombre de trucs qui me faisaient tiquer quand j’y étais.
Je suis bien contente de découvrir cet article dans le monde diplo. Merci
A+