21
sept
2008

Le Brunch philosophique # 1 : Art-Boretum

C’est dimanche, on rentre en mode slow, et Neomansland vous présente aujourd’hui un nouveau partenaire :  Wildproject, la revue culturelle d’écologie. Le constat de départ du Wildproject est le suivant :  la « crise environnementale » est l’aboutissement réussi d’un projet de société qui consistait à dominer la nature, et à s’émanciper autant que possible de toutes les « contraintes » naturelles. La crise environnementale est, selon le philosophe américain John Baird Callicott, « la réfutation par la nature elle-même de certaines de nos pratiques et habitudes culturelles ».  Si l’on peut donc répondre à la crise environnementale à court terme par l’élaboration de nouveaux outils techniques, on peut aussi y répondre, à long terme, en travaillant à la racine sur les catégories fondamentales qui président à notre projet de civilisation.  Le développement de la pensée écologiste est par exemple une condition importante de l’émergence d’une authentique éducation environnementale, pluridisciplinaire et intégrée. Wildproject est donc destiné à faire un travail de défrichage, de rencontre, d’animation autour des visages et des idées de l’écologie contemporaine.

Neomansland relaiera donc le dimanche certains dossiers, portraits ou galleries, compilés par l’équipe de Wildproject. Et cette semaine on commence avec un travail de HEATHER & IVAN MORISON intitulé ART-BORETUM.

Un arboretum est un jardin botanique spécialisé conçu comme un espace paysager. Il présente de nombreuses espèces d’arbres ou d’essences ligneuses sous forme de collections le plus souvent thématiques. Il est généralement ouvert au public et constitue donc une sorte de “musée à arbres”.

No 57 in Chinese Arboretum series. Medium format transparency, 2003.

Pendant l’été et l’automne 2003, Heather et Ivan Morison (tenant eux mêmes un arboretum au Pays de Galle) ont voyagé en Chine et photographié des “arbres de mérite” avec un vieil appareil moyen format chinois acheté d’occasion. Ils se sont laissé guider par les recommandations des gens qui leur ont indiqué où ils pourraient trouver les arbres qu’ils cherchaient. Il leur a souvent fallu plusieurs jours de voyage pour photographier un seul arbre.

Une sélection de cent images d’arbres chinois constitue la base de ce projet d’affichage en cours. Ils trouvent progressivement des sites publics pour afficher des images d’arbres au format 4×3 m. Le titre de chaque photographie est tiré de la vie de quelqu’un qui vit près de cet arbre. Pendant l’été 2004, en travaillant avec S1 Artspace à Sheffield et JC Decaux, deux séries d’images ont été affichées sur des panneaux à Sheffield.

No 91 in Chinese Arboretum series. 3×6m. Billboard paper, 2003-04.
Installation Greenland Road, Sheffield.

Interview et entretien avec Ivan Morison :

L’arboretum est en train de devenir un leitmotiv dominant dans votre travail. Comment en êtes-vous venus à l’arboretum, et que représente-t-il pour vous ?

C’est à l’occasion d’un voyage en Finlande que nous avons commencé à nous intéresser aux arboretums. Nous avons eu la chance de rencontrer un vieux monsieur qui en possédait un. Il le tenait de son père, qui le tenait lui-même du grand-père. Il nous fit visiter l’arboretum, et chaque essence d’arbre était lié à un épisode de l’histoire familiale et des voyages réalisés pour rassembler ces arbres. Cela nous a vraiment marqués.

Plus tard, nous cherchions un fil conducteur pour notre travail, quelque chose qui générerait presque automatiquement du contenu pour nous, et le modèle de l’arboretum sembla parfait.

Voici comment ça marche. Créer un arboretum demande de voyager dans un grand nombre d’endroits autour du monde pour rassembler de nouvelles essences. Chaque année, ou à peu près, nous déterminons un lieu où aller chercher de nouvelles essences, et cela se couple en général avec un autre projet que nous sommes en train de monter dans notre travail. Ces voyages sont une source féconde d’expérience et d’idées, qui contiennent la matière de travaux futurs.

De retour chez nous avec les nouvelles essences, nous devons d’abord couper dans le stock de l’ancienne plantation, de façon à faire de la place pour ces nouveaux arbres. Et le bois que nous tirons de ces coupes est construit et incorporé dans de nouveaux travaux.

++ Lire la suite sur Wildproject

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