03
mar
2010

Green Guerrilla #1 : l’histoire New Yorkaise des premiers jardins communautaires

Premier volet de notre dossier en plusieurs partie sur les “Green Guerillas”.

Pour comprendre la naissance du mouvement des Green Guerrillas, il faut remonter dans les années 70 à New York, où la crise économique fait rage ! En conséquence, certains propriétaires d’immeubles préfèrent abandonner leurs immeubles et les laisser aux soins de la municipalité plutôt que de les entretenir pour rien. Cependant, la ville n’a pas plus de moyens et comme ces immeubles vieillissants menacent quelquefois de s’écrouler, la ville préfère ne pas prendre de risque et décide d’en raser certains. A cette époque, les services d’entretien des espaces verts n’en étaient qu’à leurs balbutiements, et il y avait déjà fort à faire avec les parcs et squares existants.

New York voit ainsi fleurir dans les quartiers populaires des friches et terrains vagues, alors que ces mêmes quartiers sont bien souvent dépourvus d’espaces verts où les habitants pourraient aller trouver leur bouffée d’air dans cette ville saturée.

Dans cette ambiance morose, une femme, artiste peintre à l’origine : Liz Christy, vivant dans le Lower East Side décide de réunir ses amis pour faire une chose futile mais belle : remettre du vert dans la ville.

A la base, les friches sont grillagées, et une de leurs  premières actions fut de jeter des bombes de graines (ou “bomb seeds” en anglais) ici et là a travers les grillages, puis de planter des arbres, ou encore de peindre du lierre sur des facades, afin de faire comprendre au gens l’intérêt de réinsérer la nature dans l’urbain.

Au fil du temps et des actions, le mouvement recrute à travers la ville jusqu’à ce qu’ils soient assez d’activistes pour réaliser le premier jardin communautaire de l’histoire (ci dessous tel qu’il est aujourd’hui).

Liz Christy fédère alors tout le monde sous le drapeau des Green Guerillas, réalisant que la ville de New York, comme toutes les grandes concentrations urbaines du monde, était truffée de personnes pleines de talents.

Le mouvement se met ensuite à soutenir des gens de tous horizons et de tous âges pour qu’ils travaillent ensemble à créer leurs propres jardins communautaires. Les Green Guerillas étaient là pour apporter aide et soutien, mais c’étaient les gens du quartier qui se rencontraient et décidaient ce qu’ils voulaient faire pour leur environnement. En général, c’est à l’aide d’objets récupérés qu’ils posaient les premières bases de leurs jardins.

On attribue ainsi à 1973 la date du premier jardin communautaire de l’histoire, qui porte depuis 1986 le nom de sa fondatrice : Liz Christy. Situé à l’angle nord est de Houston street et Bowery street dans Manhattan, ils avaient commencé à replanter cet espace, avant d’officialiser avec la municipalité en avril 74 l’occupation de l’espace pour un loyer symbolique d’1$ par mois.

Après un an de plantation et d’embellissement du lieu, le mot s’est passé entre les habitants de tous les quartiers qui venaient voir ce que l’on pouvait faire avec pas grand chose. Le lieu devint donc rapidement un espace de rencontre, de cours, et d’expérimentations pour tous types de plantations. Les jardins communautaires se propagent alors à travers la ville.

30 ans plus tard, la ville de New York compte plus de 1000 jardins communautaires dans lesquels les habitants cultivent, plantent, fêtent le printemps ou halloween,  organisent des rencontres ou festivals, se marient, donnent des cours de jardinage, et donnent aux enfants un rapport à la nature et à la nourriture…

Certains jardins sont de véritables joyaux cachés dans la ville (ci dessus) et produisent près d’une tonne de fruits et légumes / an, d’autres ont même leurs ruches pour produire leur miel.

Cependant, le statut de la plupart de ces jardins n’est pas acquis, laissant planer l’ombre d’une municipalité qui pourrait reprendre tel ou tel terrain , car tous sont encore marqués sur le plan d’occupation des sols comme “espaces vacants”.

Du coup, l’association des Green Guerrilla a gardé ce nom belliqueux ! histoire de na pas perdre de vue que chaque jardin est un combat contre l’urbanisation !

En 2010, le guerrilla gardening :  les jardiniers activistes qui replantent, en passant par de l’art urbain végétal (y compris les murs végétaux ?), mais aussi tous les jardins communautaires prennent donc leur racines dans ce mouvement des Green Guerrilas.

++ Jardin de Liz Christy

++ Green Guerrilla (association)


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(2 vote(s), note : 5 sur 5) ouaip...pas malbientip top !mortel !
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4 Réponses à “ Green Guerrilla #1 : l’histoire New Yorkaise des premiers jardins communautaires ”

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  1. Très intéressant ce mouvement ! J’ai remarqué qu’il n’y en avait pas encore beaucoup en France, peut t’on s’organiser pour en avoir dans chaque grande ville ?

  2. Pour répondre à LGV, ça commence, il y a des groupes à Bordeaux (une histoire de tournesols), à Paris, et depuis peu à Lyon où je vis, et certainement ailleurs… Le problème est surtout de savoir ce qui se fait déjà: un fourmillement est en marche, mais pas de réseau digne de ce nom encore…

  3. Bonjour Aka et LGV, j’habite la périphérie de Lyon et je désire des renseignements sur la Grenn Guerilla à Lyon. je suis retraitée et j’ai du temps! merci de vos réponses.
    Marie France

  4. [...] l’article: http://www.neomansland.info/2010/03/green-guerrilla-1-lhistoire-new-yorkaise-des-premiers-jardins-co... Cette entrée a été publiée dans Agriculture urbaine, Jardins communautaires, Jardins [...]

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